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ÉDITORIAL

Quand la vie se veut apprentissage, il faut garder espoir!

par Lucie Douville, rédactrice en chef

Tout un périple que notre venue au monde… On ne peut pas qualifier cette première expérience comme étant particulièrement agréable à vivre. Mais entre vous et moi, quelle expérience!

Premières secousses en vue!
Après 9 mois passés bien au chaud dans un nid douillet, tout à coup on sent une petite secousse. Rien de bien grave, mais juste assez pour attirer notre attention. Oups! Une autre secousse, suivie d’une autre… Mais qu’est-ce qui se passe? Les secousses se font de plus en plus fortes, de plus en plus rapprochées. Notre sécurité tranquille se métamorphose en angoisse profonde.

Secousse après secousse, notre nid devient un étau qui resserre son emprise, ne nous laissant d’autre choix que celui d’aller de l’avant. Le silence fait place aux cris, la chaleur devient glaciale, l’espoir s’estompe. Serait-ce la fin?

Alors que l’on s’apprête à mourir, totalement impuissant devant la force de ce mouvement, on réalise que ce n’est pas la mort qui est au rendez-vous, c’est la vie qui suit son cours.

Mourir à ce qui nous limite
Cette première naissance sera le coup d’envoi d’une longue série de naissances qui vont se succéder tout au long de notre existence; des expériences où il nous sera demandé chaque fois d’aller de l’avant, de mourir à ce qui nous limite pour renaître à quelque chose de plus grand. Et chaque fois, on devra s’appuyer sur l’espoir que malgré que ces expériences puissent prendre des allures funestes, ce n’est pas la mort qui nous guette, c’est plutôt la vie qui suit son cours.

Survivre aux contractions de la vie
Facile à dire quand tout va bien, mais quand notre vie se contracte, quand les cloisons de nos certitudes commencent à se fissurer, quand ce que nous croyions acquis fait volte-face, quand l’obstacle semble insurmontable ou l’adversaire trop puissant, l’espoir cède sous le poids de l’expérience, laissant ainsi le désespoir étouffer nos derniers élans de vie. Que faire alors? À quoi s’accrocher quand c’est le vide tout autour? Comment « rebondir » quand le plancher se dérobe sous nos pieds? Comment garder l’espoir bien vivant?

La souffrance n’est pas vaine
En fait, ce n’est pas l’expérience elle-même qui nous désespère, mais la souffrance qui l’accompagne. On ne veut tellement pas souffrir qu’on va faire tout ce qui est en notre pouvoir pour ignorer les premières secousses : on va travailler un peu plus fort, sortir un peu plus tard, fréquenter un peu plus d’amis(es), consommer un peu plus de futilités. Mais en vain. La vie suit son cours… et la souffrance fait partie intégrante de notre passage sur Terre, nous forçant à réfléchir sur le sens de notre existence, sur la pertinence de nos croyances, sur nos valeurs et sur nos choix.

Mais que peut-on faire quand la douleur devient trop cuisante, quand la pression devient trop forte et le mouvement trop puissant, ne nous laissant plus le temps de reprendre notre souffle entre deux contractions? On doit accepter de mourir à ce qui est, pour faire place à ce qui doit naître.

Entrer dans la contraction
Toutes les sages-femmes vous diront que la meilleure façon de « survivre » aux contractions, c’est d’entrer dans leur mouvement et non d’y résister. On doit donc lâcher prise et accueillir ce qui se présente à nous, une contraction à la fois, en concentrant toute notre attention sur l’instant présent.

Quand la vie se veut apprentissage
Une naissance n’est jamais vaine. Ce n’est pas la fin du monde, mais plutôt la fin d’un monde qui ne nous correspond plus. Il ne faut pas y voir une malédiction, mais au contraire une possibilité d’accomplissement unique, une compréhension qu’il nous est demandé d’acquérir, un défi qu’il nous est demandé de relever. Voilà ce sur quoi on peut fonder nos espoirs. Et entre vous et moi, chaque fois on se dit : « Quelle expérience! »

 

Lucie Douville, éditrice

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