Plutôt que de mettre l’ombre dans la lumière, je préfère mettre de la lumière sur l’ombre. Je me suis toujours placé à partir du côté ombrageux de soi. Déformation professionnelle peut-être?
Par Jean Monbourquette, psychologue, professeur, auteur et conférencier
L’ombre de la personnalité m’a toujours fasciné en raison de son aspect inconnu et inconscient toujours présent quoiqu’imperceptible;
l’étranger en soi qui fait rougir tout à coup; la contrepartie de la volonté consciente qui désire maigrir et arrêter de fumer; le versant de soi si familier et si inouï; l’aspect de soi-même négligé qui se projette sur les personnes intimes et étrangères; une réalité effacée voire sournoise, mais toujours agissante et surprenante qui crée soudainement une anxiété qui ne vient de nulle part…
Qu’est-ce que l’ombre de sa personnalité?
C’est le côté secret de soi qui s’est formé peu à peu durant sa croissance. On désirait être reconnu, apprécié et plaire à ses parents, à ses éducateurs, à ses amis et au public en général. Le plus grand malheur qui pouvait nous arriver, c’est d’être isolé, non reconnu, non aimé ou non apprécié. Or, on a choisi presque inconsciemment de ne pas grandir comme on aurait souhaité pour faire plaisir à l’entourage familial, scolaire et sociétal. Au cours de toutes ces années, on a accepté de faire des compromis sur sa croissance et d’enfouir émotions, goûts, talents, habiletés, désirs dans les oubliettes de l’inconscient. Tout cela pour être reconnu, admiré, apprécié et aimé. On était prêt à tout pour appartenir à la « gang ».
Mais quand on perd le contrôle de notre vie, quand des événements viennent nous bousculer ou des personnes nous déranger, on doit profiter de cette occasion pour établir un dialogue avec l’ombre et lui demander ce qu’elle cherche à exprimer. C’est la voie royale pour réussir à intégrer les parties de soi qu’on a si longtemps refoulées.
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