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DOSSIER PERFORMANCE
SOPHIE THIBAULT La performance au fémininpar Marie-Josée Tardif, journaliste Chef d’antenne au Journal de 22h00 à TVA, Sophie Thibault oeuvre au cœur d’un monde de performance. Nous avons voulu savoir comment elle arrive à composer avec la pression quotidienne imposée par son métier. Tout le monde connaît sa belle intelligence, son
joli minois et sa douce réserve. Depuis belle lurette, Sophie Thibault
accompagne nos soirées télévisées à TVA. Nous l’avons longtemps vue
comme lectrice de nouvelles les week-ends. Puis, au bout d’une
quinzaine d’années à l’emploi de la même entreprise, le succès lui est
« tombé dessus » sans crier gare. La discrète Sophie est soudainement
devenue la première femme chef d’antenne d’un journal télévisé de fin
de soirée au Québec, le tout couronné de quelques Métrostars. Voici
l’histoire d’une victoire toute féminine! Q – Sophie, pour moi vous avez toujours incarné
l’image de la persévérance. Je vous revois encore avec votre veston à
paillettes, nous souhaitant de Joyeuses Fêtes sans pouvoir vous-même
fêter avec vos proches. Quelle patience! Combien de week-ends, de
soirées de Noël et du Jour de l’An avez-vous passées dans votre studio?
Beaucoup de gens m’ont fait cette remarque et cela
m’étonne car je ne pensais pas que le public avait suivi ma progression
à ce point. D’une part, la patience est une de mes principales
qualités. D’autre part, je dois avouer que j’ai failli partir de TVA à
plusieurs reprises. Après une quinzaine d’années dans cette boîte, j’en
étais venue à désirer très fort relever de nouveaux défis Mon ras le bol était aussi relié à la façon dont on
traitait l’information télévisée. Je voulais être utile dans la vie et
contribuer au bien-être de l’humanité. Il me semblait que je faisais
tout sauf cela. J’avoue que j’ai encore parfois ce sentiment… Peut-on finir le bulletin sur une note plus légère?
Peut-on présenter des sujets différents des seules nouvelles sérieuses
et graves de la journée? Cela dit, c’est le 11 septembre qui a changé
ma vie. Q – Pourquoi? Juste avant cette date fatidique, j’avais décidé de
m’en aller. J’avais pris les contacts nécessaires à l’Université de
Montréal pour entreprendre une maîtrise en psychologie. Et puis, bang!
11 septembre! Trois ou quatre jours plus tard, Pierre Bruneau tombe
malade et c’est moi qui le remplace à pied levé pour le bulletin
spécial de 17h00 créé à cette occasion. Je suis entrée dans cette
tornade journalistique avec tout ce que cela supposait : le contenu
international et les entrevues de fond qui s’enchaînaient les unes
après les autres. On roulait à un train d’enfer. Le fait de pouvoir faire de l’analyse et de mettre
les choses en contexte – ce que nous n’avons pas vraiment le temps de
faire dans un bulletin normal – était très satisfaisant. J’ai réalisé
que j’étais à la hauteur de la situation et qu’enfin je me sentais
utile. Ensuite, tout s’est mis en place. À la fin du mois de septembre,
un remaniement au sein de l’équipe m’a permis d’hériter du Journal du
midi. Neuf mois plus tard, c’est le poste de présentateur au 22h00 qui
s’est libéré. Le train passait et j’ai choisi de sauter. Il faut dire
aussi que le public m’a beaucoup aidée. Il a devancé mes patrons qui
n’ont pas vraiment eu le choix de retenir ma candidature en voyant les
résultats des sondages et des enquêtes privées. Ils ont reçu des
lettres, des téléphones, c’était fou! (…)Les femmes restent souvent sur le côté de la
route. Elles laissent passer les opportunités parce qu’elles sont
certaines qu’il y a des dizaines de personnes meilleures qu’elles.
C’est vraiment tout un apprentissage. Si vous voulez parler de performance, eh bien je
dirais que la mienne consistait à surmonter ce genre de complexe. Quand
le poste s’est libéré au 22h00, je me suis assise avec moi-même pour me
motiver : « Sophie, tu es rendue là, alors fais le tour. » Je suis donc
allée voir les patrons un à un, non pas pour les menacer mais pour leur
dire : « Je vous informe que j’aimerais être sur les rangs et que je me
sens capable de faire le travail. » Cela m’a demandé un effort
considérable car à quelque part ce métier ne correspond pas à ma
nature(…) Réussir au féminin C’est vrai que le système dans lequel on se trouve
actuellement est basé sur la performance. Il faut savoir le regarder en
face et arriver à composer intelligemment avec cette réalité. Il faut
trouver des à-côtés qui nous nourrissent et dans mon métier, il en
existe beaucoup. (…) C’est incroyable, quand même! Le matin, quand je
me réveille, j’en suis encore toute étonnée. VIVRE, C'EST... Ne jamais renier qui l’on est Nos rêves les plus beaux peuvent se réaliser si l’on sait être fidèle à qui l’on est au plus profond de soi. Tout devient alors possible !
Contenu intégral du texte dans le Magazine VIVRE de septembre-octobre 2004. Vous aimeriez vous abonner pour recevoir ce numéro ? Ou encore vous aimeriez donner la Vie en cadeau à une personne qui vous est chère en lui offrant un abonnement cadeau ? haut de la page
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