DOSSIER : LARGUEZ LES AMARRES !

MARCEL LEBOEUF, LIBRE MARCHEUR
par Marie-Josée Tardif, journaliste et animatrice à Radio Ville-Marie
Cet été, Marcel
Leboeuf aura réalisé un grand rêve : compléter son pèlerinage à
Saint-Jacques de Compostelle. En juillet 2005, il terminera la
troisième étape de son voyage avec la portion espagnole du parcours. Au
moment où vous lisez ces lignes, Marcel n’est probablement plus qu’à
quelques kilomètres de son but.
Quelque part, dans une
cathédrale s’élevant sur la route de Compostelle, l'inscription
suivante est gravée sur une pierre : « On ne peut asservir un homme qui
marche. » Déjà, lorsque nous entreprenons un pèlerinage, un souffle de
liberté nous traverse. Puis, à mesure que nos pas se succèdent les uns
aux autres, nous commençons à donner un sens beaucoup plus profond au
mot liberté. C’est ce que semble avoir compris l’inconnu qui grava un
jour cette pierre, ainsi que tous ceux qui, comme le comédien Marcel
Leboeuf, ont retenu ces sages paroles.
Q - Marcel Leboeuf, quel sens prend pour vous l’expression « Larguer les amarres ! »?
Pour moi, cela évoque surtout le lâcher-prise. Lâcher prise sur tout ce
qui nous emprisonne, autant dans notre vie privée que dans notre
travail…
Q - Compostelle était justement un grand rêve pour vous, n’est-ce pas?
J’en ai rêvé pendant
dix ans. J’ai fini par comprendre que si je ne le planifiais pas
sérieusement, je n’allais jamais le faire. Compte tenu de mon emploi du
temps normalement très chargé, j’avais choisi de diviser mon parcours
en trois étapes. En 2001, j’ai franchi 500 kilomètres à partir de Puys
en Velay, en France. En 2003, j’ai fait 250 autres kilomètres, puis cet
été, je vais achever mon périple en complétant la portion espagnole du
trajet. En 2003, je me suis « rebranché » avec le chemin en reprenant
exactement là où j’avais terminé ma première étape. Je suis retourné
dormir à la même auberge et c’est le même gars qui m’a servi!
Q - Quelles sont les leçons que vous avez tirées de votre deuxième voyage?
Je me rappelle qu’au
moment du départ, dans l’avion, au moment du départ, je me demandais
sérieusement ce que je faisais là. J’étais encore dans le tourbillon.
Une fois arrivé sur le chemin, j’ai compris après deux minutes de
marche; je me suis souvenu qu’un pèlerinage, c’est la rencontre avec
soi-même. Après 30 minutes de marche, le sentiment d’euphorie est
réapparut et après une ou deux journées j’ai éprouvé une sensation de
liberté extraordinaire! Pourtant, lors de cette deuxième étape les
conditions climatiques se sont avérées très pénibles. Parfois, les
températures dépassaient les 40 degrés Celcius et la majorité des
marcheurs abandonnaient. Malgré tout, je me sentais léger. Larguer les
amarres, c’est cela: avancer en laissant derrière soi les questions
d’argent, de divorce, de travail, etc. L’instant présent est roi…
Contenu intégral du texte dans le Magazine VIVRE de juillet-août 2005. Ce texte vous a plu et vous aimeriez consulter le sommaire de ce numéro ?
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