Trente heures se sont
écoulées depuis mon départ de Québec. Nous sommes le 5 mai 2005, il est
18 h 30, heure locale de Bordeaux en France. Sur le quai de la gare de
Ste Foy La Grande, je suis accueillie par des nones qui vont assurer la
dernière portion de mon voyage en direction du Village des Pruniers, un
monastère bouddhiste où j’aurai la chance de vivre la première retraite
de ma vie. Je ne vous cache pas que je suis un peu fébrile car je n’ai
aucune idée de ce qui m’attend.
Décalage horaire, décalage de rythme
Comme je suis encore en mode « course contre la montre » qui
caractérise si bien les voyages où l’on court pour ne
pas rater
l’avion, on court pour attraper nos bagages, on court pour prendre le
train…, je m’apprête à courir vers le lieu de rencontre. Je réalise
tout à coup que je ne suis pas seulement en décalage horaire, mais
aussi en décalage de rythme. Je vois des personnes qui marchent
doucement en dégustant aussi bien une conversation, un verre de thé,
que la vue du paysage magnifique qui s’offre à nous. Je freine aussitôt
ma course, ce qui me permet d’apercevoir une photo sur laquelle est
inscrit : « Respire, tu es vivant ». Tiens, c’est une bonne idée!
J’inspire, j’expire et je prends le temps de savourer la vie. Mes
épaules se relâchent un peu et même si mon mental est toujours en plein
marathon, je choisis de passer doucement en mode « retraite ».
Une journée dans la vie d'un retraitant
J’apprends donc que la
cloche du lever va sonner à 5 h et que par la suite vont se succéder :
méditation assise, petit déjeuner, enseignements de Thich Nhat Hanh,
petite pause, méditation marchée dirigée par Thich Nhat Hanh, déjeuner,
enseignements de Sr Châng Không, dîner puis la rencontre du dharma
clôturera la journée. À 22 h le son de la cloche nous invitera
finalement à aller au lit. En entendant l’heure du lever, mes trente
heures de voyage et mes six heures de décalage horaire ont vite réagi :
« Mais qu’est-ce que je suis venue faire ici? »
Dans cet article, Lucie Douville partage avec nous cette riche
expérience qui a changé sa vision de la vie pour toujours.
« J’inspire, je suis chez moi. J’expire, je suis arrivé. L’adresse véritable de la Vie,
c’est ici-maintenant. Il n’y a que le moment présent qui contient la
Vie. J’inspire, je vis, je sens la vie en moi et autour de moi.
J’expire, je souris.» Dès la première conférence, Thich Nhat Hanh,
aussi appelé Thaî, nous présente son concept à la fois simple mais
combien puissant de la Pleine Conscience. «C’est une chose merveilleuse
que celle d’être vivants et de marcher sur la Terre. Nous n’avons pas
besoin de mourir pour entrer dans le royaume de Dieu, au contraire il
faut être bien vivants! Si le royaume de Dieu est disponible 24 heures
sur 24, nous, le sommes-nous ? Là est la question.»
Au fil des jours, au fil des enseignements transmis par Thich Nhat
Hanh, elle a vraiment compris ce qu’elle était allé chercher au Village
des Pruniers.
Contenu intégral du texte dans le Magazine VIVRE de juillet-août 2005. Ce texte vous a plu et vous aimeriez consulter le sommaire de ce numéro ?
Vous aimeriez vous abonner pour recevoir ce numéro ? Ou encore vous aimeriez donner la Vie en cadeau à une personne qui vous est chère en lui offrant un abonnement cadeau ?
haut de la page