Écouter…, pour mieux se retrouver
Le bruit… Nous vivons dans un brouhaha constant. Arrêtez-vous un instant pour écouter. Il n’y a pas une seconde qui s’écoule sans un son, un sifflement, un bourdonnement, un cliquetis. Nous vivons dans un tintamarre extraordinaire. Et s’il n’y avait que les sons… En plus, des milliers d’images nous traversent l’esprit tous les jours. Pas étonnant qu’on n’arrive plus à entendre notre voix intérieure, qu’on se sente si souvent seuls et isolés, même en étant très entourés.
Seule, même dans la foule
Je dois avouer que, la plupart du temps, je me sens seule en groupe. C’est ce qui m’a poussée à retourner voir ce qui clochait en moi. J’ai eu envie d’entendre
et de mieux comprendre ce qui se passait plutôt que de laisser-faire. J’ai donc commencé à développer la vigilance. J’ai appris à mieux m’observer. Je vis et je vivrai toujours en relation avec le monde extérieur, c’est certain, mais je n’ai plus aucune envie de m’y perdre.
Pour moi, être vigilante veut simplement dire prendre conscience de ce qui se passe à l’intérieur de moi lorsque je suis en contact avec les autres. Pourquoi est-ce que, tout à coup, je sens mon visage se crisper, mon estomac se retourner? Qu’est-ce que je ressens? Quand on prend le temps de se prêter à cet exercice, c’est un peu comme si on s’arrêtait pour « s’entendre » un peu plus à chaque fois, c’est un peu comme si on apprenait à écouter ce que l’on sait déjà au fond de soi.
Moins seule que jamais
Maintenant que j’ai retrouvé ma voix intérieure, je ne me sens plus seule en groupe. En fait, je me sens moins seule que jamais. Je me sens plus à ma place, même parmi les autres. Je sais mieux m’observer, saisir ce qui se passe, prendre ce qui m’appartient et laisser aux autres la part qui leur revient.
C’est à partir de ce moment-là que ça devient intéressant, en tout cas en ce qui me concerne, parce que lorsqu’on commence à entendre sa voix, elle nous raconte un tas de choses sur nous-mêmes. Et surtout, on gagne le droit de choisir. On ne réagit plus aux autres et aux évènements comme si tout était écrit à l’avance. La vigilance nous permet d’avoir le recul nécessaire pour choisir la manière dont on va agir, non pas réagir. Et là, intuition et créativité nous permettent d’inventer et de réinventer nos relations et les évènements de notre vie. On se sent plus libre. Cette petite voix devient notre amie et, tout à coup, on commence à vivre en harmonie avec soi-même avec les autres.
Faire le vide et non le plein
À mon avis, trouver sa vraie place dans le monde dépend de notre capacité à faire le vide, non pas le plein. Ensuite, il n’y a plus qu’à choisir de quoi on veut réellement se remplir et, en général, notre petite voix, notre intuition, est très bonne conseillère.
Sylvie Lauzon, Porte-parole du Magazine VIVRE