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ÉDITORIALQu’est-ce qui manque à mon bonheur?
par Lucie Douville, rédactrice en chef
L’anarchie s’est installée dans mon pays… Mes états ne sont plus unis, le bonheur a mis son drapeau en berne, les guerres de pouvoir éclatent partout. Je ne suis plus maître chez-moi, je suis devenue le jouet de ceux que j’ai accueillis. Mais ça n’a pas toujours été ainsi… Il fut un temps où la vie était douce, où la paix régnait sur tous mes états; un temps où j’étais libre de penser, libre de rêver. Mon pays, c’était le pays de tous les possibles, et du bonheur, il y en avait partout. C’est vrai! On avait qu’à ouvrir les yeux pour le voir : dans la forme des nuages, dans le vol d’un papillon, dans une flaque d’eau, dans les biscuits encore chauds, partout! Puis, un jour, j’ai grandi… Les marchands de bonheur Mes nouveaux souverains voyant mon état se détériorer soufflèrent à mon oreille : « Tu cherches le bonheur? Va voir à l’extérieur. À force de travailler, tu pourras l’acheter. » C’était maintenant à mon tour d’immigrer, de quitter mon pays dans l’espoir de reconquérir mon bonheur par des acquisitions extérieures. Dans cette immigration, on m’a demandé de changer de religion, de prier un autre dieu, un dieu beaucoup plus puissant, celui de l’argent. On m’a aussi demandé de voiler mon identité et de mettre mes rêves de côté afin de mieux m’intégrer. Bonheur ou plaisir déguisé? Après avoir exploré en vain tout ce que l’extérieur pouvait m’apporter, après avoir enivré mes sens au point d’en être dégoutée, après avoir consommé des simulacres de bonheur qui au fond n’étaient que des plaisirs déguisés, j’ai décidé de rentrer au pays. Avec tous ces accommodements déraisonnables, j’avais perdu ma direction et il me fallait à tout prix la retrouver. J’ai donc enlevé ma tunique d’immigrant pour revêtir celle de pèlerin et je suis partie reconquérir mon pays. Devinez qui m’attendait en chemin?
Le bonheur est en chemin Je me suis aussitôt mise à chercher tous les indices qu’il avait placés sur mon chemin. Il y en avait partout! Dans la forme des nuages, dans le vol d’un papillon, dans une flaque d’eau… De bonheur en bonheur, je suis rentrée chez-moi. J’ai libéré mon pays de toutes ses servitudes, j’ai retrouvé ma liberté et j’ai remercié la Vie! Aujourd’hui, mon pays c’est le pays de tous les possibles. Je cultive le bonheur dans tous mes états intérieurs. Mon PIB n’a jamais été aussi élevé! J’ai compris que la Paix Intérieure est indissociable du Bonheur authentique. J’ai aussi compris que la seule chose qui n’ait jamais manqué à mon bonheur, c’est moi! Lucie Douville, éditrice
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