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ÉDITORIAL

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Heureux, qui comme Ulysse…

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Devinez quoi? Je suis grand-mère une deuxième fois! Eh oui, notre petite Maëly a vu le jour le 16 juillet dernier… Une microscopique petite princesse tissée à même la fibre de la féminité.

Lucie Douville, éditrice



À la fois si fragile, à la fois si puissant
En fait, elle n'est pas si microscopique que ça, j'exagère un peu… C'est juste que la première fois que je l'ai prise dans mes bras, j'avais l'impression de ne tenir qu'une simple couverture tellement elle se faisait discrète dans les replis de ce cocon ainsi formé, défiant presque la loi de la gravité. Elle était plongée dans un sommeil profond, recouvrant ses forces suite au premier combat qu'elle venait de livrer.

En la regardant ainsi assoupie, j'étais une fois de plus magnifiée par ce Grand Mystère qu'est la Vie. Une si petite fille, aux allures de porcelaine fragile, avait trouvé en elle la force de l'acier pour relever le défi que la Vie lui avait lancé. Elle venait de remporter sa première victoire, celle-là même qui signe notre arrivée sur Terre et marque le début de notre Odyssée, ce voyage long et aventureux durant lequel nous aurons, tout comme Ulysse, de nombreux défis à relever pour finalement revenir en nos Terres Sacrées.

Mais entre vous et moi, peu importe que nous soyons du genre masculin ou féminin, le simple fait de tenir un si petit bébé entre nos mains vient automatiquement raviver la flamme du sauveur lovée dans les gênes de notre humanité.

La valse des sauveurs sauvés
S'il est vrai que nous venons au monde dans un corps où se conjuguent vulnérabilité et fragilité et que des sauveurs nous avons besoin durant nos premières années, nous portons aussi la force de l'acier, nous permettant de relever tous les défis qui, sur notre chemin, seront placés. Mais ça, nous avons tendance à l'oublier et c'est pourquoi nous entrons aveuglément dans la valse des sauveurs et des sauvés.

Telles des âmes électriquement chargées, nous gravitons côtes à côtes sur les chemins de nos destinées, s'attirant les unes les autres pour ensuite se repousser, inversant les rôles, une fois sauveurs, une fois sauvés, nourrissant mutuellement l'illusion que jamais, l'une sans l'autre, nous n'y serions arrivées. À force de vivre des échecs répétés, nous finissons par croire que la victoire n'est pas à notre portée et que d'une main secourable nous avons besoin pour être sauvés, alors que c'est celle-là même qui fait de nous des exilés, errant loin de nos Terres Sacrées, là où la force de l'acier attend patiemment d'être sollicitée.

La seule main secourable qui soit
Tout comme Ulysse a su relever les défis que Poséidon lui a lancés, avant que chez lui il ne puisse rentrer, nous aurons, nous aussi, des épreuves à traverser durant notre Odyssée, mais c'est à nous seuls que cette mission est assignée et non au voisin d'à côté. La seule main secourable qui puisse véritablement nous aider, elle se trouve au bout de notre bras, il ne faut jamais l'oublier.

Chercher à sauver ou à être sauvé n'est qu'une fuite, par l'ego divinement orchestrée, pour éviter de se rencontrer. Et pourtant… quand on y regarde de plus près, il ne fait aucun doute que ce que le sauveur veut à l'autre éviter, c'est ce dont lui-même a besoin d'être délivré! Et c'est là une autre magnifique ruse de la Vie, une clé que nous pouvons tous utiliser : ce dont je veux tant sauver l'autre, c'est exactement ce dont j'ai besoin d'être sauvé. Alors plutôt que d'investir mon énergie à sarcler le jardin du voisin, pourquoi ne pas nettoyer le mien?...

Heureux qui, comme Ulysse,
a fait un beau voyage…
Curieusement, on dit que Poséidon, dieu des mers et des océans en furie, avait aussi un surnom : l'ébranleur du sol, dieu des tremblements de terre et des sources… Alors, quand la terre se met à trembler, la mer à s'agiter et la Vie à se contracter, pourquoi ne pas revenir à notre Source pour y puiser la force de l'acier et relever le défi qui nous est lancé.

C'est ce que Maëly a fait pour marquer le début de son Odyssée, enfant de mon coeur à qui je souhaite le plus beau des voyages.


Version intégrale disponible dans le numéro actuellement en kiosque.

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