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SCIENCE ET CONSCIENCE

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Neurofeedback, une alternative au Ritalin

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J'ai toujours voulu devenir chercheure. Au moment d'entrer à l'université, mon garçon allait à la maternelle. Il parlait tout le temps, bougeait beaucoup et dérangeait la classe. On m'a alors suggéré de lui donner du Ritalin, ce que j'ai refusé, car j'avais très peur des effets secondaires. En cours de route, j'ai réalisé qu'il perdait toute sorte de choses, qu'il commettait de plus en plus d'oublis et qu'il était de plus en plus fatigué. Il fallait donc que je l‘aide, que je trouve une solution à son problème.

Gilles Bédard, Thérapeute par le son


Une entrevue avec la Dre Johanne Lévesque

C'est alors que j'ai entendu parler du neurofeedback (NFB). J'ai pensé que ce pourrait être une bonne option pour mon garçon. J'ai donc fait un postdoctorat sur l'application du NFB au trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité chez des enfants en bas âge.

Pendant mon projet de recherche, on utilisait la résonance magnétique pour montrer les régions du cerveau qui s'activaient avant et après l'entraînement en NFB. À la suite de cet entraînement, on voyait clairement les régions en lien avec l'attention et le contrôle moteur. J'ai été tellement impressionnée que j'ai réorienté ma carrière et décidé d'implanter le NFB au Québec avec la collaboration et l'aide de la Fondation Chagnon qui, au départ, m'avait donné les fonds pour faire mes recherches. Par la suite, je suis devenue neuropsychologue.

Qu'est-ce que le neurofeedback?
Le neurofeedback est une technique de biofeedback qui consiste à donner de l'information — du feedback — à un individu concernant l'activité électrique de son cerveau dans le but de la modifier. Pour ce faire, l'activité cérébrale mesurée par une électrode est couplée à un signal (son, musique, animations vidéo) présenté à partir d'un ordinateur. Ainsi, on peut apprendre à contrôler des animations par la pensée.

Si cette technique peut être utilisée lors d'une dépression majeure, de troubles anxieux ou de gestion de stress, elle peut également améliorer le fonctionnement cognitif de quelqu'un en lui permettant d'apprendre plus facilement, d'être plus attentif, de lire mieux et d'améliorer son contrôle moteur tout en diminuant l'hyperactivité ou l'impulsivité de façon importante.

Que doit faire le parent dont l'enfant est atteint d'un tel trouble et qui ne veut pas nécessairement utiliser la médication?
Lorsque les enfants reçoivent un diagnostic de TDAH, les parents consultent un pédiatre qui leur prescrit du Ritalin ou un psychostimulant. Les parents qui cognent à ma porte cherchent d'autres solutions pour leur enfant, car ils craignent les effets secondaires. Je vois aussi des enfants qui prennent un psychostimulant, mais qui présentent encore des difficultés.

Avant d'entreprendre le traitement, nous évaluons l'ensemble du fonctionnement électrique du cerveau de l'enfant pour identifier les anomalies qui pourraient correspondre à ses symptômes. Par exemple, si quelqu'un vient pour une dyslexie, nous allons vérifier ses habiletés de lecture. Nous regardons également son histoire développementale, son environnement familial, bref tout ce qui pourrait contribuer aux difficultés que l'enfant présente. Si, toutefois, l'enfant vient d'une famille dysfonctionnelle — parents aux prises avec des dépendances —, on devra tout d'abord stabiliser le noyau familial pour ensuite commencer l'entraînement en NFB qui dure en moyenne une quarantaine d'heures, à raison de deux sessions par semaine sur une période de vingt semaines.

L'enfant a-t-il des exercices à faire pour maintenir sa condition?
Les études nous montrent que non seulement les enfants n'ont pas régressé, mais qu'ils sont meilleurs 6 mois, deux ans ou même 10 ans après; c'est comme s'il continuait de s'améliorer une fois qu'on avait aligné son cerveau dans un certain mode de fonctionnement. Le cerveau recèle des capacités inimaginables. Il suffit de les utiliser!...


Version intégrale disponible dans le numéro actuellement en kiosque.

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