DOSSIER : ÉLOGE À LA LENTEUR
Ralentir sans traîner, se détendre sans ramollir
Ralentir! Pourquoi? Parce que tout va trop vite? Il est vrai qu’on ne peut se permettre de traîner dans ce monde de compétition et de performance! Mais ralentir, quoi de plus normal lorsqu’on a travaillé. C’est un repos nécessaire. Par contre, ralentir parce que notre travail (ou la vie, comme on dit!) nous abrutit, c’est autre chose. Comme de ralentir pour rêver, jouer et construire des mondes imaginaires où tout est tellement plus simple, et… fuir. Ralentir pour imaginer que le temps peut s’arrêter, pour s’immobiliser, pour s’endormir – ne plus être confronté à la réalité. Tout cela, c’est mourir en quelque sorte. Mais, en fin de compte, bien sincèrement, suis-je capable d’aller vite? Suis-je capable de vivre?
Par Pierre Boogaerts, Directeur du Centre Pierre Boogaerts/Centre Vlady Stévanovitch-Qc à Ulverton, en Estrie.
Ralentir peut aussi être autre chose qu’un simple repos réparateur, qu’une fuite face à la vie ou qu’une petite mort. Ralentir peut être un moyen pour faire un pas vers soi. Car – paradoxe – ce petit pas vers l’immobilité est capable de nous rapprocher du mouvement. Et c’est bien le mouvement qui nous rapprochera de la vie, de nous-mêmes.
Ralentir, le début d’un grand voyage Ralentir nos mouvements est un moyen extraordinaire pour leur porter un peu plus d’attention et, de ce fait, devenir un peu plus conscients de notre nature, de notre existence. Comment est-ce que je commence un mouvement? Comment mes muscles sont-ils impliqués? Comment est-ce que j’engage mon corps, mon mental? Ralentir peut devenir alors le début d’un grand voyage.
Habiter nos mouvements de notre conscience Nous sommes tellement habitués de bouger, que nous avons perdu la conscience des gestes que nous posons quotidiennement. Être pleinement vivant, c’est réactiver notre conscience jusque dans les moindres mouvements de notre corps.
Version intégrale dans le numéro actuellement en kiosque.
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