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Un ami. Une mère. Un père. Un guide. Un ennemi? Un Maître.
 « Ainsi, c’est donc toi! »…
Pierre Boogaerts, directeur du Centre Pierre Boogaerts/Centre Vlady Stévanovitch-Qc à Ulverton, en Estrie
C’est de cette façon qu’il m’accueillit lors de notre première rencontre. C’était il y a vingt-huit ans de cela...
Vlady Stévanovitch – c’était son nom – m’a soigné en bien d’autres occasions depuis. Il resta toujours l’homme impressionnant et étrange qu’il était au début, mais il devint bientôt un ami, progressivement il fut pour moi un nouveau père, puis un guide et enfin, mon Maître. Je l’ai suivi. J’ai abandonné biens, carrière, pays. Ce n’était ni sur un coup de tête, ni suite à de quelconques emportements romantiques! Cela a été une succession de décisions à prendre – évidentes, mais jamais faciles. Et pourtant, chaque fois la décision prise, la simplicité des solutions apparaissait. Je fus aidé, il est vrai, par de nombreux « hasards » qui facilitaient la résolution pratique des problèmes.
Une crapule, un escroc ou un génie aux pouvoirs magiques?
Aujourd’hui, pour la plupart des gens, un Maître est quelqu’un de suspect. D’abord, nous n’avons plus, comme au temps des artisans, le respect pour le savoir-faire de quelqu’un qui, après avoir travaillé une grande partie de sa vie, maîtrise une technique, un métier. Nous cherchons à être plus rapides, à « maîtriser » par exemple l’information, ou encore des machines qui, elles, sont tout à fait remarquables! Ensuite, on se méfie — avec raison — du « maître-gourou ». Nous ignorons le sens sanskrit du terme et l’avons remplacé par escroc, charlatan, profiteur, mégalomane, assassin ou obsédé sexuel, au choix ou tous réunis!
D’un autre côté, nous sommes bien conscients que n’importe qui, et même n’importe quoi, peut devenir un Maître… ne serait-ce que pour un instant. La question d’un enfant, la réponse d’un imbécile, un fait divers, un ciel bleu, un accident… N’importe quoi peut déclencher une réflexion, une prise de conscience. Bien plus souvent peut-être qu’un exposé savant ou qu’un sermon gonflé aux bonnes intentions!
Un guerrier, un Maître
Le véritable Maître est un ami véritable. Il ne cherche pas à nous plaire, mais voit en nous ce que nous pourrions être si nous étions plus libres. Pour nous libérer, il nous met devant des choix. Des choix qui deviennent de plus en plus douloureux, car ils nous rapprochent immanquablement du cœur des problèmes qui nous empêchent d’avancer, de vivre. C’est parce qu’il aime que le Maître ne peut être qu’un guerrier. Il nous soigne en s’attaquant à nos croyances et à ce que nous ne connaissons pas de nous-mêmes, puisque nous le repoussons au fond de notre inconscient.
Suivre un Maître, suivre LA Vie
Suivre un Maître c’est suivre LA Vie. LA Vie c’est puissant et fragile — regardez un bébé qui vient de naître —, c’est un élan d’amour et un combat contre la mort, c’est le lion qui mange la gazelle, c’est… En fait, Vlady n’a jamais cessé de me soigner. En soignant mon corps à travers l’apprentissage des techniques traditionnelles de manipulation du Chi, du Tai Ji Quan, du Gong Fu, à travers son exemple surtout, il m’a offert le plus grand des cadeaux : celui de « LA Vie ». Mes parents m’en avaient donné la possibilité, lui m’a guidé.
Version intégrale disponible dans le numéro actuellement en kiosque.
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