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Le peau à peau au secours des prématurés

2012-10-12

Le peau à peau au secours des prématurés

Le peau à peau au secours des prématurés

Le cerveau des grands prématurés retirerait des bienfaits à long terme de la méthode Kangourou

Saviez-vous que la méthode Kangourou qui consiste à porter un enfant prématuré sur le ventre, peau contre peau, plutôt que de le placer dans une couveuse, produit des effets durables sur le développement du cerveau. Les grands prématurés qui ont profité de cette méthode affichent, à l'adolescence, des performances cérébrales comparables à celles d'enfants nés à terme, démontrent des chercheurs de l'Université Laval dans le numéro d'octobre d'Acta Paediatrica.

Des recherches antérieures ont démontré que les enfants nés avant la 33e semaine de grossesse éprouvent davantage de problèmes sensorimoteurs, cognitifs et comportementaux pendant l'enfance et l'adolescence. Pour déterminer si la méthode Kangourou pouvait prévenir ces problèmes, des chercheurs de la Faculté de médecine et de l'École de psychologie ont comparé 9 enfants nés à terme à 39 enfants nés après 27 à 32 semaines de grossesse, une fois l'âge de 15 ans atteint. Le groupe de prématurés comptait 18 enfants placés en couveuse et 21 enfants portés sur le ventre de leurs parents pendant 29 jours en moyenne.

Pour évaluer les fonctions cérébrales des sujets, Cyril Schneider, Réjean Tessier et leurs collègues colombiens Nathalie Charpak et Juan Ruiz-Peláez ont eu recours à la stimulation magnétique transcrânienne. Cette technique non invasive et indolore induit un courant électrique de faible intensité dans des zones du cerveau responsables du contrôle de certains muscles. La mesure des contractions musculaires ainsi générées permet d'évaluer des fonctions cérébrales comme l'excitabilité, l'inhibition, la rapidité de conduction nerveuse, la synchronisation des cellules du cerveau et la coordination entre les deux hémisphères cérébraux.

Les données recueillies par les chercheurs indiquent que toutes les fonctions cérébrales des enfants du groupe Kangourou sont comparables à celles des enfants nés à terme. Par contre, les prématurés placés en couveuse présentent, 15 ans après leur naissance, des écarts importants par rapport aux deux autres groupes. «Les enfants portés en kangourou reçoivent des stimulations nerveuses – le bruit du cur, la voix, la chaleur et les caresses du parent – pendant une période critique au développement des liens neuronaux entre les hémisphères cérébraux. Cela favoriserait le développement immédiat et futur de leur cerveau», mentionne le neurophysiologiste Cyril Schneider.

Les enfants placés en couveuse sont eux aussi très stimulés par leur environnement, mais ces stimulations sont de nature stressante, ajoute Réjean Tessier, professeur-chercheur en psychologie. «La méthode Kangourou reproduit les conditions naturelles du milieu intra-utérin dans lequel se développerait l'enfant s'il n'était pas né prématurément. Ses bienfaits sur le cerveau se maintiendraient au moins jusqu'à l'adolescence et peut-être même au-delà.»

Cyril Schneider, Réjean Tessier et leur collègue Line Nadeau auront l'occasion de faire la lumière sur cette question. Le gouvernement du Canada, grâce à son programme Grands Défis Canada – Sauver les cerveaux, vient de leur octroyer tout près de 1 M$ pour mesurer les retombées neurologiques, cognitives et psychosociales de la méthode Kangourou chez un groupe de 400 jeunes adultes de 18 à 20 ans nés prématurément. L'équipe de Bogota, qui collabore avec les chercheurs de l'Université depuis 20 ans, sera partenaire du projet.

Un programme bébé kangourou a été implanté au Centre hospitalier de l'Université Laval il y a un peu plus d'un an. «C'est le seul hôpital du Québec qui a systématisé le programme et il fonctionne de mieux en mieux, assure le professeur Tessier. Nous souhaitons que d'autres hôpitaux emboîtent le pas et que cette méthode soit adoptée partout au Canada.»

 

Article rédigé par Jean Hamann.

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