Qu’y a-t-il de plus réjouissant qu’un enfant qui vient au monde et pousse son premier cri? Un nouvel être est arrivé sur la planète Terre. Il fera la joie de ses parents et, très certainement, de ses grands-parents qui retomberont en enfance grâce à lui.
Laurence Baranski
Tous s’émerveilleront des premiers sons et des premières mimiques de cet humain si fragile, mais qui possède néanmoins un don inné et puissant, celui d’ouvrir nos cœurs dans l’instant, par un simple gazouillis ou un regard rieur. Les bébés ont la capacité quasi magique de réveiller l’amour en nous.
Mais, nous le savons, nous qui avons été ce nouveau-né : nous quitterons un jour cette vie terrestre. Le plus tard possible, nous l’espérons, mais nous mourrons. S’agira-t-il vraiment d’une mort?
Une « sortie au jour »
Les anciens Égyptiens avaient cette belle expression pour parler de la mort physique. L’ouvrage de référence que nous appelons le Livre des morts évoque une naissance à la lumière, une « sortie au jour ». Pour eux, la mort était envisagée comme une seconde naissance, un passage vers la lumière divine.
Naître et mourir seraient-ils un même processus, mais en sens inverse, l’un nous plongeant dans la matérialité terrestre, l’autre dans la légèreté céleste?
La métaphore du gant
Dans son ouvrage Apprivoiser le dernier souffle, la lumineuse médecin en soins palliatifs Constance Yver‑Elleaume utilise la métaphore du gant pour parler de la vie et de la mort.
Notre être profond, dit-elle, est comme une main. Notre corps, les différents rôles qui seront les nôtres et nos attachements sont, quant à eux, comme un gant que nous enfilons en naissant.
Durant notre vie, nous allons nous identifier au gant. Nous penserons que nous sommes lui, notre corps, nos réalisations, nos liens. Puis, à la fin de la vie, la main commence à se retirer du gant, le corps faiblit, les rôles disparaissent, les attachements se distendent.
Mourir, c’est le mouvement de la main qui se libère de son enveloppe. Bien sûr, si le gant colle trop à cause de nos peurs et attachements, il nous sera difficile de le quitter. Mais si nous sommes déjà un peu détachés, le passage sera paisible.
Pour ceux qui restent…
Pour les proches, nous rappelle cette spécialiste qui se tient au seuil du passage ultime, « accompagner », c’est aider la personne à quitter son gant sans la retenir, sans s’affoler devant la transformation du corps qui s’éteint.
Dans cette vision, la mort n’est pas une fin, mais un retour de l’être à lui-même, au-delà de l’enveloppe éphémère qu’il a habitée le temps d’une incarnation. « En comprenant qu’il n’y a ni naissance ni mort, mais juste une continuation, nous serons libérés de la peur et nous pourrons enfin vivre pleinement notre vie », conclut en substance la médecin…
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