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SPIRITUALITÉ : Fin de vie, Deuil et Guérison intérieure

SPIRITUALITÉ : Fin de vie, Deuil et Guérison intérieure

« Le processus de deuil a pour objectif de passer de cent pour cent de souffrance à un niveau de souffrance qui trouve, en nous, sa juste place. Ça peut mettre des années pour que, véritablement, cette peine s’intègre sereinement dans notre être. Je parle souvent d’un point de souffrance qui reste à tout jamais et qu’on appelle « le manque ». Ressentir le manque, même vingt ans après, ne signifie pas que le processus de deuil n'a pas été mené de manière harmonieuse. C'est simplement un constat - la marque de l’amour qui persiste : « Tu n'es pas là, dans ma réalité, et tu me manques tout simplement. »  Christophe Fauré


Lucie Douville

Dans son balado Au-delà des masques, Peggy Parisotto a reçu Christophe Fauré, psychiatre, psychothérapeute et spécialiste du deuil qui accompagne celles et ceux qui traversent les moments les plus bouleversants de la vie, soit ceux entourant la fin de celle-ci.

Que vivent les personnes en fin de vie? Comment accompagner un deuil? Comment expliquer les signes reçus après la mort d’un proche?... J’ai tellement été touchée par leur rencontre que j’ai voulu la partager avec vous.

Christophe, pourquoi a-t-on autant de mal avec le mot deuil?
On ne le comprend pas bien. On dit : « Le deuil, c'est douloureux. » Non! C'est la perte de la personne qu'on aime qui est douloureuse. Le deuil, lui, est le processus psychique qui se met en place, en nous, pour essayer, du mieux possible, de cicatriser cette plaie béante.

Imagine que tu te fasses une entaille profonde au bras. Dès qu’il y a blessure, une intelligence met immédiatement en route un processus de cicatrisation pour préserver l'intégrité de ton corps et faire en sorte que la plaie se referme. Eh bien, le processus de deuil, c'est l'équivalent du processus de cicatrisation.

Pour le corps, le processus de cicatrisation est extrêmement bénéfique parce qu'il l’aide à retrouver son intégrité. C'est la même chose quand on perd quelqu'un qu'on aime. C'est une blessure psychique béante de souffrance et le processus de deuil se met à l’œuvre pour cicatriser cette « plaie ».

Il y aura toujours une cicatrice psychique, émotionnelle, tout comme il y aura une cicatrice physique suite à l’entaille. Cette cicatrice sera toujours sensible, car c'est un endroit qui a été profondément blessé.

On ne peut pas l'oublier… 
Jamais. C'est pourquoi l'expression « faire son deuil » n'a aucun sens. On sera toujours malaxé par cette perte. Une maman qui perd son enfant de sept ans sera toujours malaxée par cette absence, même après trente ans. Je parle parfois d’un point de souffrance qui restera à jamais et qui s’appelle le manque.

Ne pas pouvoir le sentir, le toucher, l’entendre…
Ç’a ne partira jamais. La plaie peut être cicatrisée, mais il y a un endroit qui reste douloureux. Au lieu de cent pour cent de souffrance, je suis passé progressivement à un lieu de souffrance qui a trouvé sa juste place en moi et autour de moi.

Mais ce n'est pas parce que j’ai retrouvé une forme de paix, que j'aime à nouveau, que j'ai un nouvel enfant, que cette cicatrice va disparaitre. Elle sera toujours là. Le processus du deuil va continuer à œuvrer pour préserver l'intégrité de notre être suite à la blessure phénoménale de la perte de la personne qu'on aime…

Version intégrale du texte dans le numéro où est paru cet article

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