J’ai toujours adoré écouter un bon film. Je décroche complètement. Le temps n’existe plus. Mes problèmes non plus. Mais vraiment, ce que j’aime beaucoup moins, c’est quand mon personnage préféré meurt à la fin. La Cité des anges est l’exemple parfait.
J’ai beau savoir que Meg Ryan est toujours bien vivante, que ce n’était qu’un rôle qu’elle jouait, que je vais la revoir dans les prochains rôles qu’elle va incarner, mais dans mon ici-maintenant, de ce côté-ci de l’écran, elle est bel et bien décédée et je suis chamboulée.
Alors vous imaginez quand la mort vient signer la fin de l’histoire d’une personne qu’on a aimée, de ce côté-ci de la Vie la déflagration est sans nom. Mais de l’autre côté…
Il était une fois…
Imaginons la conception d’une vie… Deux « inconnus » se rencontrent dans une trompe du nom de Fallope vont unir leur destinée à jamais. Ce curieux mariage va donner vie, en à peine neuf mois, à plus de 2000 milliards de cellules, chacune d’elles jouant un rôle bien précis dans l’histoire naissante de cette vie. Ça, c’est de ce côté-ci de la Vie…
Mais de l’autre côté, on doit bien se douter qu’une Intelligence a divinement tout orchestré pour que, dans cette valse cellulaire, non seulement personne ne se pile sur les pieds, mais que le résultat final soit parfait. Il est aussi fort à parier qu’après un tel miracle accompli, Elle va veiller à ce que cette vie se déroule bien du début à la fin.
Choyé ou abandonné?
De ce côté-ci de la Vie, l’enfant va naitre, grandir et expérimenter joies comme peines, victoires comme défaites, santé comme maladie, félicité comme adversité, amour comme rejet… Selon l’équilibre vécu entre chacun d’eux, il se dira heureux ou malheureux, choyé par la Vie ou abandonné par celle-ci.
Mais de l’autre côté, jamais il n’aura été abandonné, au contraire! Avant même sa conception, il a été mis sous haute protection, celle de l’âme qui va l’accompagner durant son incarnation. C’est sans parler du sixième sens qu’on a ajouté aux cinq premiers et d’un accès illimité aux guides qu’il pourra consulter. Mais il aura toujours le choix… Celui de croire à tout ça, ou pas!
Disciples de St-Thomas
Le problème, c’est que de ce côté-ci de la Vie, on n’y croit pas. Et même si, tout petit, on voit clairement de l’autre côté, on comprend vite que se taire est la meilleure chose à faire; les « bons bergers » s’évertuant à nous expliquer, nous, « potentielles brebis égarées », qu’on arrive ici, sur Terre, avec tout « l’équipement » nécessaire.
On a un corps pour se déplacer, un cerveau pour s’organiser, un intellect pour penser, analyser, raisonner; une personnalité pour se distinguer et un ego pour se protéger. Aucun défi ne pourra jamais nous résister. Jusqu’au jour où… La mort va signer la fin de l’histoire d’une personne qu’on a aimée. De ce côté-ci de la Vie, on est totalement démuni.
La Vie, Elle, est éternelle
Mais de l’autre côté, quand le corps s’éteint, la Vie continue. L’âme de la personne qu’on a aimée est toujours bien vivante. C’est l’être humain que cette âme incarnait et le « rôle » qu’elle est venue jouer à nos côtés qui prend fin. Si le corps est mortel, tous les liens « invisibles » qui nous unissaient, l’amour, la tendresse, la complicité…, eux, sont éternels! Une simple pensée suffit à les ressusciter.
Dans ce vaste continuum qu’est la Vie, depuis le Big Bang jusqu’à aujourd’hui, le temps et l’espace n’existent pas. Ce Cloud qu’est l’Univers garde en mémoire tous les rôles que nos âmes viennent jouer. Les personnes ayant vécu une EMI peuvent en témoigner. Mais… On aura toujours le choix. Celui d’y croire, ou pas!
Moi j’y crois!
En bonne « brebis égarée et fière de l’être » que je suis, dans mon ici-maintenant, de ce côté-ci de l’écran, moi j’y crois! Et quand la mort va venir signer la fin de mon histoire, vraiment, ce que j’aimerais beaucoup, c’est que ma famille garde en mémoire que ce ne sera qu’un au revoir…
Lucie Douville, Éditrice
Version intégrale du texte dans le numéro où est paru cet article
